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Fonds du Vignoble Angile
- 1988. - 14 photographies.

Histoire administrative :
Le vignoble Angile est une entreprise viticole établie à Saint-Michel-de-Bellechasse à la fin des années 1980, au 267, 2e Rang Ouest, par André Lefebvre, alors producteur à temps partiel de petits fruits, fraises et framboises. Il consacre ses temps libres et ses vacances à cultiver ces fruits qui sont vendus au kiosque à la ferme, en autocueillette, à des commerçants ou livrés au marché de Sainte-Foy à Québec.

Il expérimente d'abord la fabrication d'une boisson alcoolisée à partir de ses surplus de petits fruits. Par un ingénieux processus, il réussit la fermentation d'un mélange de fraise ou de framboise, d'eau, de sucre et de levure pour produire une boisson à fort taux d'alcool, qui est ensuite filtrée et mise en bouteilles. Rapidement, sa production fait le délice de sa parenté et de ses amis. Encouragé par le succès de sa production strictement personnelle, André Lefebvre s'intéresse aussi à la production de vin et commence la culture de la vigne sur un terrain jouxtant la résidence familiale. Il s'initie à la vitiviniculture de 1977 à 1985 avec l'Association des viticulteurs du Québec et suit un cours de vinification et d'analyses chimiques à l'Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe en 1988. Dès 1979, 75 ceps d'Éona sont mis en terre et de nombreuses boutures sont achetées de l'AVQ au fil des ans.

En 1988, la Société des alcools se montre favorable à la mise en marché de boissons artisanales, sous réserve de l'obtention d'un permis de vente à la ferme. André Lefebvre prépare alors un dossier de candidature et soumet quelques échantillons à la SAQ. Après avoir traversé le processus de qualification, il obtient le premier permis délivré au Québec pour la production de boissons alcoolisées aux petits fruits. Dès l'été 1988, il transforme un ancien réservoir à lait en acier inoxydable en cuve de fermentation où une partie de sa production de fraise et de framboise servira à produire trois boissons à plus grande échelle. Après une période de macération, les liquides sont transvidés dans d'anciens contenants à vin de la SAQ pour permettre la poursuite de la fermentation jusqu'à ce que les boissons atteignent 14 % d'alcool. Tel que prescrit par la SAQ, il aménage un laboratoire permettant d'effectuer les analyses requises. André Lefebvre achète ensuite un lot de bouteilles de 500 ml, une embouteilleuse à becs multiples et adapte une capsuleuse industrielle pour l'installation de bouchons dévissables. Les premières étiquettes sont dessinées et imprimées sur un papier auto-collant. Il ne reste plus qu'à lancer la mise en marché…
L'appellation " Vignoble Angile " est retenue, inspirée par le couple André et Ginette Lefebvre. Bien que les produits doivent être désignés comme des " boissons alcooliques de petits fruits " et non pas " vins ", le terme vignoble prend toute sa place puisque quelque 5 000 ceps entourent déjà la maison. La production de vin ne tardera pas! En effet, le vignoble Angile est appelé à devenir le premier en Bellechasse et l'un des sept vignobles pionniers de l'époque, soit les vignobles Angell, de l'Orpailleur, La Vitacée, Saint-Alexandre, du Domaine des Côtes d'Ardoise, de même que le Vignoble communautaire de Bourg-Royal.

Une conférence de presse est convoquée à la ferme et la télévision s'y déplace. Dès la diffusion du reportage, le téléphone commence à sonner et ne dérougit pas! Le succès est immédiat, Noël 1998 approche et le beau liquide rougeâtre suscite la convoitise pour les cadeaux et les réceptions. Rapidement, les bouteilles disponibles s'envolent et plusieurs nouvelles opérations d'embouteillage s'imposent. Les boissons affichent les noms de
" Picoline, Grand frisson et Ambroisia ".

La production de vin commence dès que la quantité de raisin récolté devient significative. Il faut tailler la vigne régulièrement, entretenir les supports métalliques et lutter contre les oiseaux qui menacent la récolte. Les premières bouteilles de vin sont vendues en format 500 ml sous le nom de " Cuvée d'Angile " (blanc sec et rouge sec).

Débordé par les exigences d'un double emploi, André Lefebvre vend le vignoble en juin 1995 à Serge Bouchard et Sylviane Nadeau qui en feront l'exploitation pendant deux ans, après une période de transfert de connaissances. De nouveaux acquéreurs se pointent en 1997 et relancent la production de petits fruits. Quelques années plus tard, la production de boissons et de vin est abandonnée et la vigne arrachée. La terre est vendue et les derniers acquéreurs conservent seulement l'espace de 0,5 h où les bâtiments sont implantés.

Historique de la conservation :
Les documents ont été numérisés à l'été 2019.

Portée et contenu :
Ce fonds témoigne de l'histoire du vignoble Angile et de ses activités artisanales et commerciales dans la région de Bellechasse.


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